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15 janvier 2018

La lutte contre le choléra dans les zones non endémiques de la République démocratique du Congo : un coup d'œil sur la province du Kasaï

Le PNECHOL-MD (Programme National d'Elimination du Choléra et de lutte contre les autres Maladies Diarrhéiques), coordonné par le Professeur Didier Bompangue, répond aux épidémies de choléra en cours dans certaines provinces de la République Démocratique du Congo (RDC) qui rencontrent rarement la maladie.

Province du Kasaï

Original work:NordNordWest - CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=47013327

Entre le 1er janvier et le 24 décembre 2017, la RDC a signalé 53 676 cas suspects de choléra et 1 132 décès (létalité = 2,1%). L'épidémie en cours, qui a débordé en 2018, est déjà l'une des pires à affecter le pays depuis l'épidémie de 1994 lors de la crise des réfugiés rwandais. Au total, 24 des 26 provinces et 229 des 515 zones de santé ont été touchées depuis janvier 2017.
 
Bien que la tendance générale de l'épidémie reste à la baisse depuis fin septembre 2017, certaines provinces, dont le Sud Kivu, le Kasaï, le Kongo Central, Lualaba et Kinshasa, continuaient à lutter contre les flambées de mi-décembre.
 
Les flambées de choléra dans les provinces de l'Ouest, telles que le Kasaï, sont particulièrement problématiques, car ces zones ne sont pas endémiques pour le choléra et ont donc une expérience et une capacité relativement limitées pour contrôler et prévenir les flambées. Depuis le début de l'épidémie au Kasaï début octobre 2017, la situation est grave dans certaines zones de santé. Dans la zone de santé de Dekese, fortement touchée par le choléra, la létalité était de 41,2% début décembre et de 22,2% fin décembre 2017. Les facteurs expliquant le nombre significativement élevé de décès liés au choléra à Dekese sont : l’absence de structures de prise en charge aux normes, une manque d’expérience du personnel et les enterrements non sécurisés. La situation dans la province du Kasaï a également été aggravée par le déplacement de plus de 1,4 million de civils en raison de l'escalade de la violence.
 
Suite à l’annonce du Ministre de la Santé, le Dr Oly Ilunga Kalenga, le 27 décembre 2017, le gouvernement a réagi rapidement et a immédiatement lancé des mesures de soutien communautaire et renforcé la surveillance épidémiologique dans les zones touchées.
 
Pour empêcher rapidement d'autres décès évitables, une équipe d'intervention rapide du PNECHOL-MD a été envoyée à Dekese. Pour atteindre la zone difficile d'accès, l'équipe a traversé la rivière Sankuru en bateau puis a marché 10 km à pied dans la forêt et les collines de Mvusengando. Une fois à Dekese, l'équipe a mené des premières enquêtes, formé les relais communautaires et sensibilisé les communautés. L'Organisation Mondiale de la Santé a déjà envoyé le premier envoi de médicaments et des envois supplémentaires sont prévus.